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Archive for septembre 2010

Métanalyse : force à relire ! … ou à commencer par la fin ?

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Puisque peindre c’est un jeu.

Puisque peindre c’est accorder ou désaccorder des couleurs.

Puisque peindre c’est appliquer (consciemment ou non) des règles de composition.

Puisque peindre c’est valoriser le geste.

Puisque peindre c’est représenter l’extérieur (ou l’interpréter, ou se l’approprier, ou le contester, ou le présenter).

Puisque peindre c’est proposer un tremplin pour l’imagination.

Puisque peindre c’est illustrer l’intériorité.

Puisque peindre c’est une justification.

Puisque peindre sert à quelque chose.

Puisque peindre, c’est peindre en fonction de l’esthétisme,, des fleurs, des femmes ; de l’érotisme, de l’environnement quotidien, de l’art, de Dada, de la psychanalyse, de la guerre au Viêet-Nam.

Nous ne sommes pas peintre.

Constatez-le, le 3 janvier 1967, 11, avenue du Président-Wilson.

»

Daniel Buren (1938-), Olivier Mosset (1944-), Michel Parmentier (1938-2000) et Niele Toroni (1937-) : « Déclaration », BUREN, Daniel : Les Écrits (1965-1990), tome I, capc-Musée d’art contemporain de Bordeaux, 1991.

Les quatre initiales forment le groupe B.M.P.T. (décembre 1966, décembre 1967)… de fait, la métanalyse ne mit pas longtemps à se dévoiler.

Niele Toroni - Peinture

« La métanalyse se fonde sur l’ambigüité que peut provoquer l’énonciation d’un  mot ou d’un groupe de mots. Il y a métanalyse lorsque le récepteur comprend autre chose que ce que le locuteur a voulu dire, parce que l’ambigüité phonique l’a conduit à mal découper les mots ou à les comprendre « à côté ». »
(Beth et Marpeau)

« Accident de la communication : les unités de langage sont découpées et analysées autrement par celui qui entend que par le locuteur. »
(Dupriez)

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Maximilien Luce (né 12 ans avant la commune – mort 71 ans après, post-néo)

Au musée des impressionnismes, Giverny, prendre un billet couplé permet de visiter l’exposition temporaire, … et de ne pas faire la queue d’une heure, pour la maison de Monet, pleine de reproductions de tableaux… l’intérêt de voir des oeuvres impressionnistes sans texture ? au milieu de la cuisinière de Monet, face à son jardin encaissé qui lui fit perdre trois années mais, dit-on, gagner son art.

Maximilien Luce (1858-1941), donc, peintre, néo-impressionniste (courant aussi défini de divisionnisme et de pointillisme), et non pas post-impressioniste (un post qui souligne que l’on a dépassé… en conservant).

Maximilien Luce - Le Louvre et le Pont du Carousel, effet de nuit, 1890, collection privée

Maximilien Luce - Le Louvre et le Pont du Carousel, effet de nuit, 1890, collection privée

Maximilien Luce, qui comme Turner (1775-1851) ou Goya (1746-1828), produit des touches stupides de près et qui vibrent de loin, qui prennent tout leur sens lorsqu’on recule (application concrète d’un principe qui concerne toute la peinture, qui en est un critère). Comme Turner ces six derniers mois, le voisin d’un temps de Luce à Giverny : Monet , investira le grand Palais, pour un Disney Land pictural.

On sourira de Maximilien Luce, l’Anarchiste… qui de fait dessine des affiches de propagandes pas du tout néo, … alors que sa technique stagne pour peindre la Commune qui lui tient tant à cœur… un peu comme Alain Robbe-Grillet (1922-2008), qui raconta son accident d’avion selon les lois de l’intrigue d’Aristote… le comble pour un chef de file du Nouveau Roman ! Mais si la technique du peintre de propagande perd son intérêt esthétique, elle nous permet de comprendre rétrospectivement pourquoi la Seine, dans ses tableaux, est pleine de flambeau émis du Pont du Louvre… autant de points comme autant de révoltés.

Maximilien Luce - Une rue à Paris en Mai 1871 ou La Commune, 1890, Musée d'Orsay

Maximilien Luce - Une rue à Paris en Mai 1871 ou La Commune, 1890, Musée d'Orsay

Catégories :Impressionnisme, Musées, Normandie, Peinture Étiquettes :