Moyen-Âge

Musique chrétienne

la musique comme ciment POLITIQUE

312 : Constantin arrive au pouvoir

il fondera la ville de Constantinople, pensée comme capitale chrétienne de l’Empire face à la Roma païenne ;

il se convertira au christianisme à sa mort en 337 ;

392 : Théodose interdit le paganisme ; christianisme devient religion officielle de l’Empire Romain

Dès le Ive siècle, le Pape Sylvestre fonde la Schola Cantorum : voie de déploiement de la musique pour les 13 siècles suivants, de l’unisson à Palestrina (de 1594 à 1614 mourront Gabrieli, Gesualdo, Guerrero, Hassler, le Jeune, di Lasso, Merulo, Morley, Nanini, Palestrina et de Victoria : preuve de l’importance du contexte dans le florissement des talents, marque aussi de la disparition de la grande ère polyphonique chorale).

3 styles musicaux : syllabique (clergé) ; neumatique (choriste : plusieurs notes par syllabe) ; mélismatique (oliste, fleuri)

Dialectique du sens et de la forme.

Vers 600 E.C. Le pape Grégoire (d’où chant grégorien) réorganise la Schola Cantorum : standardise le répertoire, brime l’extase en une humble révérence.

Jusque vers le IXe siècle, des nouveautés apparurent

    • les Tropes, du grec τρόπος « tour, changement » sont des ajouts à des mélodies connues :

adjonction avant, après ou au milieu d’une œuvre, de musique sans texte, de texte à un mélisme existant, ou de texte et de musique.

Ce principe couvre tout le Moyen-Âge : alors, un lecteur est un copiste qui censure, réécrit, pendant rendre fidèlement.

  • les Jubilus : des lignes horizontales permettant de décrire les mélismes sur la fin d’un alleluia : aboutit dans les neumes

Geoffrey Chaucer – Les Contes de Cantorbéry (The Canterbury Tales), chef d’œuvre de la littérature en moyen anglais, au XIVe siècle, dits par un groupe de pèlerins faisant route de Southwark à Cantorbéry pour visiter le sanctuaire de Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry, traite du chant comme étant à « intoned through the nose ».

Le chant nous apprend sur l’appareil physique des hommes, sur le déploiement des langues : le Traité sur l’origine des langues de Rousseau traite largement de musique.

Chanson de geste, la tradition païenne

musique vecteur d’actualité, de mythes fondateurs, de personnages conceptuels

apogée 1050-1150

jusqu’au XVe siècle

récit versifié (un long poème)

en décasyllabes ou, plus tardivement, en alexandrins,

assonancés

regroupés en laisses, (longues strophes de taille variable)

de geste (gesta latin = « action d’éclat accomplie ») des rois ou des chevaliers.

Du lat. class. cantionem, acc. de cantio « chant (d’un être humain et d’un instrument) ».

   assonance en /i : « Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine, Phèdre, 1677, Acte I, scène 3)

   allitération en /s : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine – Andromaque, 1667, Acte V, Scène 5)

Le Cycle de Charlemagne ou Cycle du roi

La Chanson de Roland, XIe siècle

Le Pèlerinage de Charlemagne, XIIe siècle

Huon de Bordeaux, XIIe siècle

Bertrade de Laon, XIIIe siècle

La Chanson d’Aiquin, v.1190-1200

Le Cycle de Guillaume d’Orange

importance centrale du lignage (plus important que la religion,, indépendance et fidélité à Charlemagne

Le Couronnement de Louis, 1137 environ

Aliscans, XIIe siècle

Guibert d’Andrenas, début du XIIIe siècle

Girard de Vienne, XIIIe siècle

Aimeri de Narbonne, XIIIe siècle

Charroi de Nîmes

Moniage de Guillaume

Le Cycle de Doon de Mayence ou Cycle des barons révoltés

60 chanson sur la lutte des féodaux contre la royauté.

Girart de Roussillon, XIIe siècle

Raoul de Cambrai, XIIe siècle

Renaud de Montauban, XIIe siècle

Le cycle de la Croisade

La Chanson d’Antioche

La Chanson de Jérusalem

Les chetifs

la Chanson de Roland (fin XIe siècle)

4.002 décasyllabes assonancés.

procédés d’enchaînement des laisses :

  • « enchaînées » elles assurent la continuité du récit ;
  • « parallèles » : elles élargissent le champ de vision, notamment pour les batailles ;
  • « similaires » elles dilatent le temps dans de grandes haltes lyriques à des moments essentiels, comme la longue agonie du héros.

Roland fixe les formules et motifs que se transmettront les chanteurs de geste.

désastre de l’arrière-garde de Charlemagne à Roncevaux le 15 août 778.

De retour d’Espagne, l’armée de Charlemagne voit son arrière-garde, confiée par l’empereur à son neveu Roland, attaquée par des sarrasins très supérieurs en nombre, à la suite d’une trahison de Ganelon. Malgré leur bravoure, les preux (Roland, son ami Olivier, l’archevêque Turpin) sont massacrés à Roncevaux. Prévenu trop tard parce que Roland n’a voulu sonner du cor qu’à la dernière extrémité, l’empereur venge ses pairs et fait mettre à mort le félon.

Roland refusa de donner du cor pour appeler à l’aide ; blessé, il le sonne finalement et expire :

Li quens Rollant se jut desuz un pin ;

Envers Espaigne en ad turnet son vis.

De plusurs choses a remembrer li prist :

De tantes teres cum li bers cunuqist,

De dulce France, des humes de son lign,

De Carlemagne, sun seignor, kil nurrit. (vers 2375 à 2380)

littérature médiévale

suite des grandes épopées de l’Antiquité.

en ancien français et en ancien occitan.

Elles diffèrent d’un autre grand genre littéraire médiéval : la poésie lyrique (en occitan ; langue d’oc dans le Sud, d’oïl dan le Nord).

Souvent anonyme, son auteur est un troubadour (langue d’oc) appelé aussi trouvère (langue d’oïl) qui la destinait à être chantée et accompagnée musicalement, devant un public large, populaire ou noble.

Troubadour et trouvère prennent leur nom du verbe latin « tropare » et du nom « tropus » : trouver, composer, inventer, et aussi « figurer » musicalement.

Les troubadours sont des nobles, les trouvères sont des grands bourgeois : ils sont auteur-compositeur, mais non pas forcément interprètes, ils préfèrent laisser leurs œuvres être jouées par une catégorie de jongleurs : les ménestrels.

L’avènement de la polyphonie

musique enjeu du contrôle des voix

IXe siècle le mélisme requiert une éducation/spécialisation/professionalisation des chanteurs, qui déploient la technique jusqu’à la polyphonie.

XIe siècle Guido D’Arezzo (992-1050) développe la main guidonnienne (solmisation) :

l’Hymne à saint Jean-Baptiste, dont le texte est attribué au moine et érudit italien Paul Diacre (en latin Paulus Diaconus).

Ut queant laxis

Resonare fibris

Mira gestorum

Famuli tuorum,

Solve polluti

Labii reatum,

Sancte Ioannes.

Traduction : « Afin que tes serviteurs puissent chanter à gorge déployée tes accomplissements merveilleux, ôte le pêché de leurs lèvres souillées, saint Jean. ».

Invention de l’hexacorde (6 notes : do ré mi fa sol la)

le si trop dissonant créerait sensible, fausse relation, 4te augmentée) et ne sera ajouté qu’à la fin du xvie siècle (peut-être par Anselme de Flandres)

le do : ut a été transformé plus tard en do, plus facile à énoncer en solfiant. Souvent attribué à Giovanni Maria Bononcini, au xviie siècle, qui l’aurait formé d’après la première syllabe du nom du musicien italien Giovanni Battista Doni. Cela est cependant incorrect, car le do est déjà attesté chez Pierre l’Arétin en 1536, c’est-à-dire bien avant la naissance de Doni.

altérations Le si correspondant au B dans la notation anglaise, a été dans la théorie médiévale le seul degré de la gamme admettant une altération: il peut prendre la forme bémol (♭[c’est-à-dire b rond], B, « mou », moll en allemand) ou bécarre (♮ [c’est-à-dire b carré], « dur »).

les voix se répartissent : le teneur de la mélodie (ténor) ; le déchant, discantus ne se pose plus en-dessous en mouvement parallèle mais au-dessous en mouvement différente, donc opposant, contre (contre-ténor) ; ces contre-ténors chantent les parties aigues, hautes (altos, contre-altos) ; ajout d’une voix au-dessus, superanus=souverain (soprano) et en-dessous (bassus)

la polyphonie se déplloiera jusqu’aux messes et motets

(apparaîtra la voix lourde : bariton)

le texte doit être intelligible, le teneur est le plus important, le reste n’est que fioriture.

Contraltos et sopranos sont des garçons, éventuellement des castrats (probablement sur l’exemple des eunuques espagnols) et non des femmes.

Apôtre Paul, 1er épitre aux corinthiens (Nouveau-Testament), XIV-34 Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi.
35 Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l’assemblée.

La première polyphonie (800-1250) est l’organum, deux voix chantant en parallèle à la 4te ou à la 5te, éventuellement doublées à l’octave.

L’organum libre des XIe XIIe siècle ajouta des 3ce Maj. et min. voire des 2ndes Maj. Mais évitait les 5tes et demi-tons

Le déploiement des mouvement parallèles, conjoints, contraire déploie nombreuses harmonies qui évitent systématiquement la 5te augmentée

XIV-XVIIe siècle ajoute l’écriture rythmique (les barres de mesure apparaitront fin XVIe), de plus audacieuses harmonies, de plus grandes tessitures => on le nomme ars nova

Ars antica (1240-1320 ; École de Notre-Dame)

Ars nova (traité de Philippe de Vitry 1291-1361) polyphonie-isorythmie-isopériodicité : Roman de Fauvel (1310-1314) => Machaut (1377, 1300-)

RENAISSANCE

1420 – 1460 : Dunstable, Dufay, Binchois

1460 – 1490 : Dufay, Ockeghem, Busnois

1490 – 1520 : Brumel, Obrecht, Isaac, Josquin, de La Rue

1520 – 1560 : Willaert, Gombert, Clemens non Papa, Janequin

1560 – 1600 : A. Gabrieli, de Monte, Lassus, Palestrina

transition Renaissance (prima prattica) => baroque (seconda prattica) :

G. Gabrieli, Sweelinck, Gastoldi, Gesualdo, Marenzio, Caccini et Monteverdi

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